DESIGNERS

ANTOINE MARQUIS

Artiste travaillant le dessin, la peinture et la céramique, il développe un univers mêlant références savantes et culture populaire, entre imaginaire onirique, humour et artisanat d’art.

© Clémence Maire

Antoine Marquis est un artiste français dont la pratique se déploie entre le dessin, la peinture et la céramique. Son travail s’inscrit dans une recherche à la croisée du dessin et de l’artisanat d’art, mêlant des représentations traditionnelles à un imaginaire plus populaire, faubourien, fantaisiste et parfois humoristique. Sa production est nourrie par des références variées, issues aussi bien de l’histoire de l’art que du cinéma et de la littérature. Il cite notamment l’influence des œuvres de Gustave Doré, Léon Spilliaert et Frank Frazetta, ainsi que des films de Henri-Georges Clouzot, Éric Rohmer et Lucio Fulci, et de la littérature de J. D. Salinger. Ces références contribuent à la construction d’un univers oscillant entre candeur, violence et légèreté, et donnent forme à un monde volontairement ambigu et onirique. Antoine Marquis a d’abord développé une pratique largement centrée sur le dessin, avant de se tourner plus récemment vers la céramique. Ce médium lui permet d’aborder des thématiques liées au théâtre et au costume, prolongeant dans le volume et la matière des recherches amorcées sur le papier. La céramique devient ainsi un outil de mise en scène et de transformation des figures, en continuité avec son travail graphique. Son œuvre se situe dans une tension assumée entre traditionalisme distingué et débrouille joyeuse, associant précision du trait, références savantes et formes issues d’un imaginaire plus libre et populaire. Cette hybridation des registres constitue l’un des axes structurants de sa démarche. Le FRAC Île-de-France a acquis onze œuvres sur papier d’Antoine Marquis, inscrivant son travail dans une collection publique et attestant de la reconnaissance institutionnelle de sa production graphique.



BASILE BOON

Artiste et céramiste formé à l’architecture à La Cambre, il construit une œuvre narrative mêlant mythologie, récits personnels et formes sculpturales, dont le projet au long cours La Maison Dorée.

© Basile Boon

Basile Boon est un artiste dont la pratique est centrée sur le travail des mains et la céramique, médium qu’il privilégie pour la liberté qu’il offre en termes de formes et de formats. Il est diplômé d’un master en architecture de La Cambre. Son travail assemble des éléments issus de la mythologie classique, de l’archéologie et de la religion avec un récit personnel, construisant une forme d’épopée en trois dimensions. Sa production développe une imagerie nourrie par le passé, pensée en dialogue avec le présent, et se déploie comme une narration fragmentée, parfois décrite comme une bande dessinée intergénérationnelle. Les œuvres mêlent références collectives et expériences intimes, et abordent la création comme une forme de catharsis matérialisée. Son univers oscille entre candeur, violence et légèreté, dans un monde volontairement ambigu et onirique. Formé à l’architecture, Basile Boon aborde la céramique comme un espace de construction et d’assemblage. Il travaille par fragments, recomposant des récits symboliques et historiques au sein de sculptures qui convoquent aussi bien l’histoire de l’art que des formes populaires. La céramique lui permet d’explorer des questions liées au théâtre et au costume, prolongeant dans le volume une réflexion narrative et scénographique. En 2021, il présente sa première exposition personnelle, Chaos and Desire. En 2023, il réalise une vitrine pour Hermès, inscrivant son travail dans un contexte de visibilité entre art contemporain et artisanat d’art. Depuis le début de sa pratique de la céramique, Basile Boon développe un projet au long cours intitulé La Maison Dorée, qu’il construit pièce par pièce dans son atelier. Conçue comme une œuvre évolutive et sans fin, cette maison fonctionne comme un espace narratif total, dans lequel chaque élément s’ajoute comme un chapitre supplémentaire d’un récit en expansion continue. Son travail s’est développé dans le cadre de temps de recherche et de production, notamment à travers des résidences d’artistes, sans que les lieux et calendriers de ces résidences ne soient publiquement documentés à ce jour.

CAMILLE COTTIER

Artiste peintre diplômée des Beaux-Arts d’Angers, elle développe une œuvre centrée sur la figure humaine, explorant les questions de corps, d’identité, de solitude et de transformation.

© Mylène Comte

Camille Cottier est une artiste française. Elle est diplômée des Beaux-Arts d’Angers en 2013. Elle vit et travaille à Ivry-sur-Seine. Son travail prend pour objet d’étude le corps, abordé à travers ses limites physiques et possessives, et explore des thématiques telles que les questions d’identité, le rapport au rêve et à la mélancolie, le couple et la solitude. Elle développe principalement une pratique de la peinture, complétée par le dessin, centrée sur la figure humaine. Depuis une dizaine d’années, son travail s’est construit de manière instinctive, notamment à partir de la série Les Bonhommes, composée de personnages plus ou moins figuratifs, aux formes volontairement étranges et parfois loufoques. Cette série constitue le socle d’une recherche continue sur la transformation du visage, du corps et de l’identité. Dans un entretien accordé à Coup d’été en 2022, Camille Cottier décrit un processus de création fondé sur des évolutions formelles successives : des figures allongées, parfois presque dissoutes dans le motif, puis des formes plus abstraites et progressivement plus colorées. Elle relie ces transformations à ses états d’âme et à un processus de travail qu’elle qualifie d’instinctif et naturel (Julie Le Minor, « Dans l’atelier de Camille Cottier », 2022). Son œuvre se caractérise par une tension constante entre figuration et abstraction, où le corps devient un espace de projection psychique plutôt qu’un sujet narratif. Les figures qu’elle peint oscillent entre présence et effacement, traduisant une réflexion sur la solitude, l’intimité et la relation à l’autre. En 2025, Camille Cottier participe à Untitled Art Fair à Miami. La même année, elle présente une exposition personnelle à la galerie Rhodes, à Londres.

GÉRALDINE CORNETTE DE SAINT CYR

Céramiste parisienne, Géraldine Cornette de Saint Cyr conçoit des pièces où le geste et la matière portent une dimension sensorielle et narrative, nourrie par une formation en histoire de l’art et des savoir-faire décoratifs.
Son travail, influencé par l’art tribal, roman et art déco, a été présenté dans de nombreuses foires et expositions, dont le PAD Paris et la Paris Design Week – Maison & Objet.

© Géraldine Cornette de Saint Cyr

Céramiste de la capitale, Géraldine Cornette de Saint Cyr conçoit ses créations comme une expérience sensorielle et narrative unique, où chaque pièce et chaque détail raconte sa propre histoire et invite à l’imagination et à la rêverie. Après des études en histoire de l’art, l’artiste s’intéresse à plusieurs savoir-faire comme la peinture décorative, la plumasserie et la broderie indienne,  avant de se tourner vers le travail de la terre, qu’elle pratique depuis bientôt huit ans. Aujourd’hui, Géraldine donne aussi des cours de tours à des étudiants.Son travail est le fruit d’inspirations diverses et variées: l’art tribal ancien, l’art déco, l’art roman, mais également les textures de différents matériaux, comme  le bois, la pierre et les fibres tissées. Géraldine souhaite mettre en valeur le travail de la main, le geste créatif laissé sur la céramique. Le résultat de cette démarche est une collection de pièces uniques à la fois denses et délicates, animée par la matière et la lumière. Reconnue pour son travail, ses créations ont été régulièrement exposées lors de foires d’art, la dernière en date est la Paris Design Week organisée par Maison & Objets, qui se tient en janvier 2026. Avant cela, l’artiste participe chaque année au PAD de Paris depuis deux ans et à des cycles d’exposition réguliers.

GUILLAUME DELVIGNE

Designer français diplômé de l’EDNA et du Politecnico di Milano. Il développe des projets de mobilier, d’objet et d’aménagement en collaboration avec des éditeurs, des industriels et des institutions.

© Baptiste Heller

Guillaume Delvigne est un designer français. Il est diplômé de l’École de design Nantes Atlantique et du Politecnico di Milano. Il débute sa carrière à Milan, où il travaille pour l’agence de George J. Sowden, cofondateur du groupe Memphis. Durant cette période, il rencontre plusieurs designers, dont Ionna Vautrin. Ensemble, ils forment un collectif qui signe avec Industreal et présente une collection d’objets au Salon du meuble de Milan en 2004. n 2004, Guillaume Delvigne s’installe à Paris et collabore avec différentes agences de design, notamment RADI Designers, Delo Lindo, Marc Newson, Elium Studio et Cédric Ragot. En 2006, il devient membre du collectif Dito, fondé par dix designers autour d’une méthode de travail reposant sur la collégialité, le dialogue et l’ouverture, et considérant le design comme un moyen et non comme une fin. En 2011, il ouvre son studio et présente sa première exposition personnelle à la ToolsGalerie, galerie de design contemporain située à Paris. La même année, il reçoit le Grand Prix de la Création de la Ville de Paris. En 2014, sa pièce Climax est acquise par le CNAP. Guillaume Delvigne développe aujourd’hui des projets dans plusieurs domaines, notamment le mobilier, l’objet, le luminaire et l’aménagement intérieur. Il collabore avec des industriels, des éditeurs et des artisans, ainsi qu’avec des maisons telles que Hermès (collection Équilibre d’Hermès), Berluti et Pierre Frey. Son travail fait régulièrement l’objet d’expositions à Paris et à Milan. Parallèlement à son activité de designer, il est enseignant à l’École Bleue de Paris. En 2024, le Mobilier national acquiert ses chaises Litho.

JEAN COUVREUR

Designer diplômé de l’ENSCI–Les Ateliers, il conçoit des objets et du mobilier fondés sur la sobriété, l’économie de moyens et la durabilité, en dialogue avec les usages du quotidien.

© Jean Couvreur

Jean Couvreur est un designer français. Il est diplômé de l’ENSCI – Les Ateliers en 2006. Son travail se caractérise par une approche fondée sur la sobriété esthétique, l’économie de moyens, l’efficacité et la durabilité du mobilier. En 2010, il fonde son studio de design, à travers lequel il collabore avec des institutions et des entreprises pour la conception d’objets et d’espaces. Sa pratique s’attache à la relecture des objets et du mobilier du quotidien, avec une attention particulière portée aux matériaux et à la valorisation des savoir-faire locaux. Il conçoit notamment une série de chaises regroupées sous le nom Residence, destinées aux ateliers d’artistes du Ministère de la Culture ainsi qu’à la Cité internationale des arts. En 2022, il développe un projet de mobilier urbain, la collection La Vogue, inscrit dans une réflexion sur l’usage, la fabrication et la durabilité des équipements publics. Jean Couvreur est également l’auteur de la collection Spectre, composée de dix chaises, présentée en galerie. Cette série repose sur un processus de conception volontairement élémentaire, utilisant des maquettes réalisées en papier brut, comme outil de recherche formelle et structurelle.

JEAN DE GASPARY

Artiste français né en 1938, rattaché à l’École de Paris, il développe une peinture monumentale à la croisée de l’expressionnisme et d’une composition d’inspiration architecturale. Actif dès les années 1960, il expose notamment à la galerie Bernheim-Jeune, participe à la Biennale de Paris et intègre les collections du Centre Pompidou.

© Jean De Gaspary

Jean de Gaspary occupe une place singulière dans le paysage artistique français. Peintre d’atelier autant qu’artiste de l’espace public, il est sans doute l’un des créateurs les plus présents sur les murs de Paris. Ses fresques, réalisées au fil des décennies à partir de la fin des années 70, ponctuent la capitale et en dessinent une mémoire picturale parallèle, visible au détour d’une rue, d’une façade ou d’un passage. Né en 1938, Jean de Gaspary s’est imposé dès les années 1960 par une peinture puissante, directe, marquée par l’énergie du geste. À 22 ans, sa première exposition personnelle à la galerie Bernheim Jeune, avenue Matignon, se construit en pendant des aquarelles de Paul Cézanne, tout juste revenues des Etats-Unis où elles avaient été envoyées au début de la guerre. C’est à Michel Dauberville, et son projet “Jeunes Peintures” que l’on doit ce premier accrochage. Trois ans plus tard, l’exposition Mains Géantes révèle son univers: une œuvre qui cherche à saisir la tension entre figuration et abstraction, entre matière et mouvement. La critique y voit déjà une forme de radicalité poétique, nourrie par un regard attentif aux mutations de la société contemporaine. Les machines agricoles, comme des mains géantes, sont décortiquées et remontées en peinture, donnant à voir des constructions vibrantes qui interpellent. À la même période, il travaille avec la famille Diamantis, qui lui commande la rénovation de ses salles de restaurants à Paris, ainsi que l’installation du cinéma Saint-André des Arts.

En 1977, l’histoire s’accélère: le Centre Georges Pompidou, fraîchement inauguré, choisit Jean de Gaspary pour ouvrir son cycle d’expositions Ateliers Aujourd’hui. Ce moment décisif installe durablement son nom sur la scène artistique. Loin des cénacles confidentiels, son travail autour de la main trouve alors un écho auprès d’un public élargi, sensible à la vitalité et à l’humanité de sa peinture. Mais c’est peut-être dans la rue que son œuvre a trouvé son terrain le plus fertile. Ses fresques monumentales, souvent réalisées en dialogue avec l’architecture de Gérard Thurnauer et l’espace urbain, inscrivent une continuité entre l’intime de l’atelier et l’ouverture de la ville. À Paris, il est aujourd’hui l’artiste le plus représenté sur les murs. Le bureau d’accueil de la mairie de Paris, conçu au début des années 1980, est toujours en place. Si aujourd’hui, Jean de Gaspary ne produit plus, il visite chaque jour son atelier, dans une fidélité au geste et à la matière, mais aussi avec cette conviction que l’art doit rester présent dans la vie quotidienne, au cœur des villes comme des regards. À 87 ans, il incarne cette rare cohérence: celle d’un peintre qui n’a jamais cessé d’incarner le temps, de 1964 à aujourd’hui. Une exposition rétrospective sera bientôt consacrée à son travail à Paris.

JEAN-LOUIS BONNANT

Designer industriel français actif dans les années 1950–1960, il collabore avec des entreprises internationales et participe à la conception de mobilier, notamment pour le film Mon Oncle de Jacques Tati.

Jean-Louis Bonnant est un créateur français actif principalement durant les années 1950 et 1960. Il est diplômé en design de l’École nationale supérieure des arts et métiers d’art de Paris. Il est notamment connu pour avoir participé à la réalisation de mobilier utilisé dans le film Mon Oncle de Jacques Tati (1958), œuvre emblématique de la critique de la modernité domestique et du fonctionnalisme excessif. Ces éléments de mobilier s’inscrivent dans une réflexion plus large sur le rapport entre design, technologie et quotidien, au cœur des préoccupations de l’époque. En 1958, son éditeur Georges Robert candidate pour meubler les appartements de Charlotte Perriand en Mauritanie, qui seront équipés des sièges “corbeille” et des chaises “17” notamment.

OUD ARCHITECTURE

Studio d’architecture et de design développant une approche globale du projet, à la croisée de l’architecture, du mobilier et de la décoration, avec une attention particulière portée à la matière et aux savoir-faire.

© Alexis Armanet

Oud Architecture est un studio fondé par Marie-Sara Burkel et Jocelyn Berthelot. Leur pratique établit des liens entre le passé et le présent et vise la création d’objets et d’espaces conçus hors du temps, fondés sur l’épure des plans et des volumes. Leur identité repose sur des références esthétiques variées, nourries notamment par leurs voyages d’enfance, et sur l’idée que la matière est porteuse d’émotion. Le nom du studio, Oud, fait référence à la fois au bois, à l’essence utilisée en parfumerie et à l’instrument de musique, traduisant une approche sensorielle de l’architecture et du design . Marie-Sara Burkel est diplômée des écoles d’architecture de Paris-Belleville et de Venise. Elle travaille ensuite au sein de l’agence Wilmotte & Associés, où elle collabore à la conception de lieux haut de gamme, notamment sur des projets hôteliers tels que l’Hôtel Normandy à Deauville. Jocelyn Berthelot suit une formation en architecture et en cinéma avant de rejoindre l’agence Christian de Portzamparc, au sein de laquelle il participe à des projets culturels de grande envergure, dont l’Opéra de Suzhou, en Chine. eur duo se forme dans un contexte professionnel au début des années 2010 et se structure pleinement en 2016, à l’occasion du Grand Prix d’architecture de l’Académie des Beaux-Arts, distinction qu’ils remportent la même année. Cette période marque l’affirmation d’une pratique attentive à l’existant, au patrimoine et à la transformation des lieux, dans une logique de dialogue entre héritage architectural et écriture contemporaine. Oud Architecture développe aujourd’hui des projets relevant à la fois de l’architecture, du design, de la décoration et de l’aménagement intérieur. Leur approche repose sur une conception globale du projet, où le mobilier, les matières et les usages sont pensés en continuité avec l’architecture. Leur travail accorde une place centrale aux savoir-faire artisanaux et à la collaboration avec des ateliers spécialisés, dans une recherche d’harmonie entre rigueur du dessin et mise en œuvre sensible des matériaux. Leur univers revendique des références assumées, notamment à Luis Barragán et Charlotte Perriand, ainsi qu’à des figures historiques de l’architecture et des arts décoratifs. En 2025, le studio reçoit le prix André Arfvidson. La même année, leur travail est présenté dans le cadre de l’exposition Les Nouveaux Ensembliers au Mobilier national, affirmant leur positionnement à la croisée de l’architecture, du design et de la haute décoration.

PIERRE GUARICHE

Designer et architecte d’intérieur majeur de l’après-guerre, figure du mobilier moderne français, il conçoit des meubles et luminaires destinés à la production en série et à la démocratisation du design.

© Cinna

Pierre Guariche est un designer et architecte d’intérieur français, né le 6 juin 1926 à Bois-Colombes. Issu d’une famille d’artisans, il est le fils de Marcel Guariche, fondateur de la société EMGE. Après une formation initiale en électricité, il intègre en 1946 l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris, où il étudie aux côtés d’Alain Richard et André Monpoix, et obtient son diplôme en 1949 . À sa sortie de l’ENSAD, Pierre Guariche débute comme dessinateur-projeteur auprès de Marcel Gascoin. Dès la fin des années 1940, il conçoit ses premiers meubles et luminaires, notamment pour Airborne, Steiner et Pierre Disderot. Il développe parallèlement une activité d’architecte d’intérieur, ouvrant sa première agence à Paris en 1951. Son approche repose sur la conception d’objets et d’espaces pensés pour la production en série, adaptés aux contraintes économiques et sociales de la reconstruction de l’après-guerre . En 1954, il fonde avec Michel Mortier et Joseph-André Motte l’Atelier de Recherche Plastique (ARP), collectif destiné à promouvoir un mobilier moderne, fonctionnel et accessible. Le trio conçoit de nombreuses pièces, participe à des salons et concours, et réalise plusieurs projets d’architecture intérieure en France. Cette période contribue à asseoir la reconnaissance de Guariche comme figure majeure du design français des années 1950 . À partir de la fin des années 1950, Pierre Guariche collabore étroitement avec l’éditeur belge Meurop, dont il devient directeur artistique au début des années 1960. Il y développe une production très étendue de mobilier de série, destinée aussi bien à l’habitat qu’aux espaces professionnels, tout en poursuivant des projets d’architecture intérieure, notamment pour des bureaux, des commerces, des équipements culturels et des logements collectifs. Son travail se distingue par une attention constante portée aux proportions, à l’économie de moyens et à l’intégration du mobilier dans l’espace . Parallèlement à sa pratique professionnelle, Pierre Guariche s’engage dans l’enseignement. Il devient maître de conférences à l’ENSAD en 1965, puis enseigne à l’Institut Saint-Luc de Tournai à partir de 1970. Il participe régulièrement aux Salons des arts ménagers et aux Salons des artistes décorateurs, et reçoit plusieurs distinctions dans le cadre de concours liés au mobilier de série . Le travail de Pierre Guariche est aujourd’hui reconnu comme une contribution majeure à l’histoire du design moderne français, à la croisée du mobilier, du luminaire et de l’architecture intérieure. Ses créations, largement rééditées et conservées dans des collections publiques et privées, témoignent d’une volonté constante de concilier qualité formelle, fonctionnalité et accessibilité économique .

RENÉ GABRIEL

Designer et décorateur français, pionnier du mobilier robuste produit en série, engagé dans la reconstruction d’après-guerre et défenseur d’un design accessible et durable

 

 

© Pierre Gencey

René Gabriel est un designer et décorateur français, considéré comme un pionnier du mobilier robuste produit en série en France. Il est diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris. Son travail s’inscrit dans le contexte du défi de la reconstruction et vise la conception d’un mobilier durable, accessible au plus grand nombre, fondé sur l’usage de bois massifs tels que le chêne et le hêtre, choisis pour leur solidité et leur longévité. Son approche est notamment influencée par le travail de Francis Jourdain, figure du fonctionnalisme français. Dès 1919, René Gabriel expose au Salon d’Automne. En 1925, il participe à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, où il présente une chambre de jeune fille ainsi qu’une cuisine, marquant son intérêt pour les espaces domestiques et leur rationalisation. En 1927, il expose au Salon des artistes décorateurs un ensemble de mobilier en chêne ; cette présentation marque le début de son engagement dans la fabrication en série. En 1934, il présente les « éléments RG » au Salon des Arts ménagers, un ensemble de meubles simples et robustes, conçus pour une production standardisée et destinés à un large public. Cette démarche s’inscrit pleinement dans les principes du Mouvement moderne, tels que défendus par l’Union des artistes modernes (UAM), auxquels René Gabriel adhère : sobriété formelle, modestie des moyens, adéquation entre matériaux, techniques et production industrielle, et attention portée au coût final. En 1944, il est nommé par le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme afin de concevoir, dans l’urgence, du mobilier destiné aux sinistrés de la guerre. Ces meubles sont alors vendus à un prix symbolique, dans un contexte de pénurie et de reconstruction massive du parc immobilier français. En 1948, René Gabriel collabore avec Jean Fressinet lors du Salon des Arts ménagers, dans la section consacrée aux « meubles de série ». Il est également président de la Société des artistes décorateurs et collabore avec Auguste Perret pour l’appartement témoin du Havre, dans le cadre de la reconstruction de la ville. À partir de 1950, année de son décès, son nom est donné au Prix René Gabriel, destiné à récompenser chaque année le meilleur meuble de série de qualité, perpétuant ainsi son engagement en faveur d’un design accessible, durable et socialement responsable.

ROUSSE CÉRAMIQUE

Duo de céramistes développant des pièces uniques entre sculpture, mobilier et lumière, autour de la matière brute, des textures et d’une écriture contemporaine de la céramique.

© Alex Galosi

Rousse Céramiques est un duo de création fondé par Loraine Savary et Stéphanie d’Ardier, céramistes françaises. Leur travail se caractérise par une approche fondée sur la simplicité, la sobriété, la pureté des lignes et un travail approfondi des textures de la terre brute. Elles développent des pièces uniques, conçues selon un processus de création attentif au jeu de la lumière et à une vision contemporaine de la céramique. Loraine Savary et Stéphanie d’Ardier conçoivent ensemble des sculptures, des sculptures lumineuses, du petit mobilier sculptural ainsi que des bas-reliefs. Leur pratique se situe à la croisée de l’artisanat d’art, de la sculpture et du design, avec une attention particulière portée à la matérialité, aux surfaces et aux effets de lumière sur les volumes. En 2025, Rousse Céramiques présente son travail lors de l’exposition Les Rendez-vous de la matière + Fair(e) au Carreau du Temple, à Paris. La même année, le duo expose à l’occasion d’Artisans d’Excellence, dans le cadre du Salon des métiers des Arts décoratifs au Palais de la Porte Dorée. Toujours en 2025, Rousse Céramiques participe à la Paris Design Week et expose à la Biennale Révélations, Biennale internationale Métiers d’Art et Création, au Grand Palais, à Paris.

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