CAMILLE COTTIER | AURÉLIEN JEAUNEAU

Camille Cottier
Camille Cottier, Sans titre, 2023, Acrylique sur toile, 130 x 97 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau
Camille Cottier
Camille Cottier, Lendemain de fête, 2024 Acrylique sur toile, 60 x 81 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau
Camille Cottier
Camille Cottier, Le Dormeur de Naxos, 2024 60 x 80 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau
Camille Cottier
Camille Cottier, Récréation (I), 2023, Acrylique sur toile 81 x 100 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau
Camille Cottier
Camille Cottier, Récréation (II), 2023, Acrylique sur toile 81 x 100 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau
Camille Cottier
Camille Cottier, Le Baigneur, 2023, Acrylique sur toile, 100 x 81 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau
Camille Cottier
Camille Cottier, Sans titre, Acrylique sur toile, 2019, 74 x 150 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau
Camille Cottier
Camille Cottier, Sans titre Acrylique sur toile, 2019, 161 x 130 cm, Prix sur demande © Maxence Loiseau

CAMILLE COTTIER (1990)

Artiste peintre diplômée des Beaux-Arts d’Angers, elle développe une œuvre centrée sur la figure humaine, explorant les questions de corps, d’identité, de solitude et de transformation.

Camille Cottier
Camille Cottier © Mylène Comte

Camille Cottier est une artiste peintre française née en 1990, diplômée des Beaux-Arts d’Angers en 2013. Les sources consultées la situent à Paris, avec un atelier mentionné à Ivry-sur-Seine dans un entretien plus ancien ; il est donc plus rigoureux de dire qu’elle vit et travaille en région parisienne plutôt que de figer une localisation trop précise. Dès ses premiers travaux, elle engage une recherche sur le corps, envisagé à la fois comme forme, comme limite et comme lieu d’inscription des rapports à soi et aux autres. Cette attention initiale aux dimensions physiques et possessives du corps a progressivement ouvert un champ plus large, où se croisent les questions d’identité, de présence, d’altération et de relation.

Sa pratique est principalement celle de la peinture, même si elle a aussi expérimenté la photographie, la vidéo et le dessin. Très tôt, le visage et la figure humaine sont devenus le noyau de son travail. À partir de 2014, elle développe la série des Bonshommes, ensemble décisif dans son parcours, composé de personnages frontaux, plus ou moins anthropomorphes, dont l’étrangeté tient précisément à leur instabilité : ni tout à fait réalistes, ni pleinement abstraits, ni clairement genrés, ni totalement identifiables. Ces figures, souvent décrites comme une communauté ou une famille, reviennent d’œuvre en œuvre comme les variantes d’une même interrogation plastique et existentielle. Elles permettent à l’artiste d’explorer, dans la durée, la manière dont une identité se construit, se déforme, se masque ou se diffracte dans le regard.

Ce qui structure fortement l’œuvre de Camille Cottier, c’est la tension maintenue entre figuration et abstraction. Ses personnages demeurent reconnaissables comme corps ou comme présences humaines, mais ils échappent sans cesse à une lecture purement descriptive. Les proportions se distendent, les visages se simplifient, les formes se condensent ou se dissolvent, et la couleur prend une fonction de plus en plus active dans la construction du sens. Le corps n’y est pas traité comme un sujet narratif au sens classique, mais comme une surface de projection psychique, affective et symbolique. Ses figures semblent alors habitées par une forme de mélancolie sourde, de retrait ou de suspension, tout en conservant une frontalité qui engage directement le spectateur. Cette ambivalence donne à sa peinture sa densité particulière : les œuvres sont à la fois douces et troublantes, immédiatement lisibles et profondément déstabilisantes.

Depuis une dizaine d’années, cette recherche s’est déplacée sans se renier. Les Bonshommes n’ont pas disparu ; ils ont muté. Les sources les plus récentes montrent une évolution vers des formes plus abstraites, plus gestuelles et plus chromatiquement affirmées. Les corps deviennent plus distordus, les silhouettes plus ouvertes, les palettes plus franches. Ce déplacement n’est pas un abandon de la figure, mais une manière d’élargir sa puissance d’évocation. Chez Camille Cottier, l’abstraction ne remplace pas la figure humaine : elle la met sous tension, elle la rend plus incertaine, plus poreuse, plus mentale. C’est ce qui permet à son travail de rester attaché au corps tout en s’éloignant du portrait ou de la scène au sens strict.

Son travail récent semble également accorder une place plus importante aux relations entre les figures. Là où certaines œuvres anciennes insistaient sur la frontalité isolée ou la coexistence d’une multiplicité de présences, les ensembles présentés chez RHODES montrent davantage de corps liés, appuyés, endormis ou soutenus les uns par les autres. Cette inflexion déplace la lecture : la solitude, le rêve et la mélancolie restent présents, mais ils se doublent désormais d’une réflexion plus marquée sur l’interdépendance, l’intimité et les formes de soutien silencieux. L’œuvre ne se ferme donc pas sur une psychologie individuelle ; elle s’ouvre vers une pensée de la relation, de la vulnérabilité partagée et de la coexistence.

Le parcours d’exposition de Camille Cottier confirme cette montée en visibilité. Elle a participé à plusieurs expositions à Paris et à Londres, a été présentée à Untitled Art à Miami Beach en 2024 avec RHODES, puis a fait l’objet d’un projet personnel chez RHODES en 2024 avant une exposition personnelle plus ample, A Quiet Storm, à Londres en 2026. Ton texte initial mentionnait une exposition personnelle à Londres en 2025 ; je n’ai pas trouvé de source solide pour cette date précise, donc je l’ai corrigée. Même chose pour Miami : les sources robustes consultées documentent clairement Untitled Art Miami Beach en 2024.

Au total, l’œuvre de Camille Cottier peut être lue comme une recherche continue sur la manière dont les corps portent des états intérieurs sans jamais les livrer entièrement. Entre apparition et effacement, entre douceur chromatique et étrangeté formelle, entre solitude et lien, sa peinture construit un univers où la figure humaine devient le lieu d’une expérience à la fois intime et instable. C’est cette capacité à maintenir l’équilibre entre présence sensible, déformation et charge psychique qui donne à son travail sa cohérence et sa singularité.

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